Tasia McKenna ne se contente pas de diriger ses joueuses sur le terrain de basketball, elle contribue à façonner l’avenir du sport et les nouvelles générations d’athlètes.
Tasia a grandi dans une famille mordue de basketball à Timberlea, en Nouvelle-Écosse. Le basketball a été son premier amour, et elle a su dès son jeune âge qu’elle ferait tout ce qu’elle pourrait pour garder les pieds sur le terrain.
Adolescente, elle a entendu parler des Jeux du Canada pour la première fois lorsqu’est venu le moment des essais pour intégrer l’équipe de basketball de la Nouvelle-Écosse. Sa mère, qui avait tenté d’intégrer l’équipe quelques années auparavant, l’a encouragée à réussir là où elle avait échoué.
« Elle m’a fait comprendre que je ne devais pas passer à côté de cette occasion d’élargir mes horizons. Comme j’hésitais à me lancer, elle m’a rassurée en me disant : “Ne prends pas cette décision pour les autres. Fais le vide dans ta tête, tente le coup, et aie confiance en tes compétences et en ton expérience sur le terrain.” »
« Elle a ajouté : “Ça va te donner la chance d’explorer des possibilités universitaires. Tu pourrais te faire de nouvelles amies, voyager… Ça pourrait changer ta vie.” Et c’est ce qui est arrivé. »
Tasia a été sélectionnée dans l’équipe et a aidé la Nouvelle-Écosse à remporter le bronze aux Jeux du Canada 2005 à Regina. Sa mère, son père et son frère, qui avaient fait le voyage pour la soutenir, ont pu assister à son triomphe, ce qui a certainement laissé une marque indélébile dans sa mémoire.
« J’ai su à ce moment que mon histoire ne se terminait pas là, raconte-t-elle. Je me souviens avoir dit à ma famille après avoir remporté ma médaille de bronze que rien ne m’arrêterait si j’avais la chance de vivre à nouveau l’expérience des Jeux. Je ne savais pas comment j’allais m’y prendre, mais ce n’était que le début, car j’avais trouvé ma voie. »
Tasia a réalisé son rêve en participant aux Jeux du Canada à titre d’entraîneuse adjointe de l’équipe de basketball féminin de la Nouvelle-Écosse en 2013, puis encore une fois en 2017 à Winnipeg en tant qu’entraîneuse-chef. Les Jeux lui ont servi de tremplin pour sortir de sa zone de confort et plonger dans de nouvelles aventures sur le terrain comme à l’extérieur.
Tasia a porté de nombreux chapeaux pendant sa carrière sportive, que ce soit en tant que joueuse exceptionnelle à l’Université Lakehead, en tant qu’entraîneuse à l’Université Saint Mary’s et à Canada Basketball, en tant que première femme noire à occuper un poste de directrice technique à Basketball Nova Scotia ou à titre de commissaire de l’Association de basketball féminin des Maritimes.
Elle s’est donné comme mission de lutter pour l’égalité raciale et des genres, et utilise le sport comme un puissant outil d’autonomisation.
« Plus jeune, je ne voyais pas que j’étais la seule femme racisée dans de nombreuses sphères de ma vie. C’est un constat que je n’ai probablement pas fait avant 2020. Cette année a d’ailleurs marqué les esprits de beaucoup de personnes noires et autochtones ainsi que de la population en général. »
« C’est à ce moment que j’ai compris que je devais utiliser ma voix. Lorsque je suis la première femme de couleur à occuper un rôle, je dois le reconnaître. Est-ce que je veux être la première? Pas nécessairement. Est-ce que je veux que d’autres femmes aient accès à ces rôles? Absolument. Je pense toutefois qu’on doit accepter le fait d’être la première ou l’unique personne dans une situation et partir de là. Sans cette prise de conscience, on ne peut pas ouvrir la voie pour la relève ni réellement démontrer tout ce dont nous sommes capables lorsqu’on nous confie ces rôles.
« C’est l’occasion pour moi de laisser ma marque. J’espère que les gens feront un pas en avant même s’ils ont un peu peur d’avancer parce qu’ils ne se sentent pas à leur place. Si à un moment donné ils voient quelqu’un qui leur ressemble se frayer un chemin et que cela les pousse à se dire “D’accord. Moi aussi je peux le faire.” J’aurai l’impression d’avoir fait ce qu’il faut. »
Tasia, qui occupe actuellement un poste à temps plein dans le domaine des sports et des loisirs au sein du gouvernement de la Nouvelle-Écosse, participera à ses quatrièmes Jeux du Canada en 2025 en tant que chef de mission adjointe de l’Équipe Nouvelle-Écosse. Ce rôle opérationnel vient boucler une boucle entamée avec une expérience sur le terrain et derrière le banc, mais il s’agit également d’une façon de plus d’utiliser le sport pour redonner à la prochaine génération.
« Nous parlons beaucoup de l’importance de l’équité, de la sécurité dans le sport et des possibilités et barrières financières. Si le fait de réfléchir aux possibilités que j’ai eues ou aux difficultés que j’ai rencontrées en grandissant peut me permettre d’apporter une nouvelle perspective dans mon travail qui profitera à une athlète, à un entraîneur ou à une personne bénévole, je n’hésiterai pas à tirer parti de mon expérience. »
« Nombreuses sont les personnes qui m’ont aidée pendant mon parcours. Sans leur implication dans le milieu du sport, je n’aurais pu me rendre où je suis aujourd’hui. »
Le legs le plus précieux des Jeux du Canada, c’est toutes les personnes remarquables qui donnent au suivant au cours de leur carrière et au sein de leur communauté. Tasia serait d’accord.
« Les Jeux transforment le visage du milieu sportif et probablement celui du Canada dans tous les domaines où nous pouvons avoir une influence positive. »